Guyane française, l'or de la honte

Publié le par Axel M

 

LIVRE paru mercredi 26 septembre 2007 chez Calmann-Lévy  / 18 Euros / Environ 250 pages

 

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www.editions-calmann-levy.com/livre/titre-249109-Guyane-francaise-l-or-de-la-honte.html

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Quentin Henrion 25/11/2007 13:35

J'ai vu hier un reportage à la télé sur l'orpaillage en Guyane et sur les interventions Anaconda pour détruire les sites clandestins. Une petite recherche internet et me voici sur ce blog.
Les problèmes sont réels. La pollution au mercure nécessite vraiment une solution.
D'un autre côté, nous avons une population immigrante brésilienne qui cherche à survivre et à qui on ne peut refuser ce droit.

Ce qui m'insurge, c'est qu'une fois de plus, la seule pseudo-solution trouvée par l'administration française est la répression. Je dis pseudo-solution, car la destruction des sites illégaux ne résout rien (il s'en créera toujours des nouveaux). Si déjà on communiquait sur les moyens simples à mettre en oeuvre pour que les orpailleurs puissent récupérer le mercure utilisé, cela diminuerait bien plus sensiblement la pollution que les opérations anaconda.
Mais voilà, le système de concession et de restriction d'accès au territoire force ces gens-là à travailler dans la clandestinité avec des moyens de fortune; et les gendarmes ne se soucient guère de détruire le peu qu'ils ont réussi à bâtir et à les laisser dépouillés de tout avec que leurs yeux pour pleurer.

Je tiens à signaler également que la France s'est approprié au XVIIème siècle le territoire de la Guyane par la force, et que si les amérindiens d'alors avaient été aussi restricitif que nous sur la liberté de circulation des peuples, on aurait certainement été déclarés clandestins pollueurs dès cette époque. Je pense que l'on a activement participé à la déforestation en construisant nos villes sur une côte qui était jusqu'alors restée sauvage. En matière de morale, on devrait donc savoir relativiser notre position.

Je remercie Axel M. de publier ce commentaire, car il me semble important de considérer tous les angles de vues sur cette question.

Axel M 25/11/2007 21:02

Quelques précisions à votre courriel : -à sa lecture, il se dégage une impression un peu manichéenne. La situation n’est pas si simple ni aussi caricaturale (sans vous offenser).  -à propos du mercure : son utilisation est interdite depuis le 1er janvier 2006 sur les chantiers d’orpaillage. Mais de facto, seuls les légaux sont soumis à cette règle. Car les clandestins exploitent par essence illégalement. Les interdictions comme celle du mercure ne les « concernent » donc pas.-votre conclusion sur la morale de l’histoire correspond à une vision des choses. Mais vous l’écrivez vous-même, il faut considérer « tous les angles de vue » !Cordialement,AM

alain dicharry 11/10/2007 19:22

Juste un petit témoignage pour apporter de l' eau au moulin de l' excellent livre d' Axel May que je recommande chaudement.
Nous mêmes , ma femme et moi, ardemment passionnés de Guyane, nous venons tous les deux ans depuis 2002 nous ressourcer dans cette Amazonie magique et enivrante de beauté.
J' y ai effectué mon service en 1968, à l' époque où la Guyane ne comptait que 40000 habitants et une centaine d' automobiles.
En 2002, en remontant le Maroni, jusqu' à Maripassoula, nous avons vu les premiéres barges et le lit du fleuve modifié par l' orpaillage.

En 2004, nous avons constaté que le phénoméme s' était amplifié , lors de nos remontées des fleuve Oyapock et surtout Approuague qui était d' une couleur ocre à cause des boues de l' orpaillage.
Nous avons bivouaqué 2 jours à Grand Canori au milieu de dizaines de clandestin brésiliens qui avaient construit un village de part et d' autre du layon de contournement du saut.
Mieux, nos piroguiers brésiliens semblaient de méche avec les clandestins , en transportant bénévolement des individus qui vivaient sur les berges du fleuve. Nous avons vite compris que ce village était en réalité une base de logistique pour le transport de carburant et de matériel vers les sites d' orpaillage situés en amont de Grand Canori.Il s' agissait de la même base de vie que celles rapportées dans l' excellent livre " l'or de la honte". Nous avons pu visiter ce campement sans problème et nous y avons vu des épiceries, des bars, de nombreuses femmes, des bijoutiers qui transformaient l' or et , évidemment une saleté repoussante dans la forét.
En redescendant le fleuve où j' ai d' ailleurs été victime d' un paludisme, nous avons rencontré des nombreuses piroques remplies de frêt et des porteurs de bidons de carburant qui contournaient le saut Grand Machicou par le layon de contournement.
Juste avant Camp Cisame, notre pirogue a débarqué une jeune clandestine atteinte de palu : la forêt s' est ouverte et des Brésiliens équipés de puissantes radios l' on prise en main pour l' évacuer vers Oïapoque.Puis la forêt s' est refermée et nos Brésiliens ont disparu derriére la verdure. Il s' agissait en fait de sentinelles postées sur les berges du fleuve pour prévenir toute intrusion par voie fluviale des gendarmes.
Si nous avions osé à l' époque, nous aurions écrit au Préfet pour que ce haut fonctionnaire chargé de faire appliquer la loi sur le territoire français, se rende incognito (comme nous)à Grand Canori afin d' apprécier cette situation dramatique pour la biodiversité de cette nature exceptionnelle et l' état de non droit qui y régne.
En 2006, nous avons effectué une randonnée pédestre de 7 jours dans les environs de Saül que l' ont disait épargné de l' orpaillage.
Tous les villageois ne parlaient que de l' arrivée de plus en plus massive des Brésiliens et des risques qu' ils ressentaient en l' absence de forces de gendarmerie.
Dans la forêt , dans les environs des Monts la Fumée, nous avons découvert des vestiges récents de bivopuac de prospecteurs, des layons utilisés par eux et nous avons entendu dans le lointain des bruits de moteur.
Lors de notre retour par la piste de Bélizon, nous avons croisé des quads qui s' en allaient tranquillement ravitailler des sites d' orpaillage.
Nous avions programmé pour 2008 , une balade sur la crique Limonade et la crique Saï , mais notre guide de Saül n' est pas sûr de pouvoir l' organiser à cause de la présence massive de Brésiliens clandestins dans le secteur.
Que faire pour lutter contre ce cancer qui ronge une des plus belle nature du monde?
Il faut alerter , mais alerter qui, car, apparemment, personne ne semble écouter (ou ne veut écouter) les témoignages de gens tels Axel May.
Nous nous inscrivons à fond dans votre combat , mais nous nous sentons désemparés par l' ampleur de la tâche et de la façon de l' aborder.
Avec nos amitiés les plus sincéres
Alain et Nadine Dicharry

Mathieu Gouinguenet 07/10/2007 15:32

Bravo ! et merçi de contribuer a briser ce silence assourdissant dans les médias metrpolitains , je souhaite vous envoyer une photo de Ph Gros de retour d'une OP annaconda en compagnie des gendarmes de Régina !idée de couverture pour votre pochain ouvrage !?

Axel M 09/10/2007 00:53

Oui, Philippe Gros, témoin des trafics, habitait ce grand fleuve de l’intérieur guyanais qu’est l’Approuague. Il a été tué fin 2005 d’une balle dans la nuque. Les forces de l’ordre venaient de détruire sur ses indications des marchandises de contrebande utilisées par les orpailleurs clandestins.

daigre 07/10/2007 10:05

Ce livre est une double révélation, de ce qui se passe en Guyane et de l'importance de ce département pour la France et l'Europe et pour la faune et la flore et la recherche.
Enquête courageuse et livre opportun.
Bravo et merci de nous ouvrir les yeux.
JJ Daigre

pouype (le toto de mauve) 01/10/2007 16:30

Bonjour Alex.

Félicitations pour le bouquin, un sujet bien passionant je pense, et dont on parle peu. Faudra penser à nous tenir au courant pour les possibilité de dédicasses ;-)