Grenelle de l’Environnement : ne pas oublier la Guyane

Publié le par Axel M

 

La Guyane abrite un joyau forestier tropical unique en Europe. Et une question se pose : sa phénoménale biodiversité va-t-elle disparaître ?

 

Cette interrogation, alarmiste, n’est pas sans fondement si l’on regarde ce qui se déroule dans le département et elle prend tout son sens alors que le Grenelle de l’Environnement vient de s’achever sous les feux des projecteurs médiatiques. Ce qui se déroule en Guyane, ce sont donc ces milliers et ces milliers de clandestins qui exploitent le sous-sol, créant une pollution des eaux, des trous dans la forêt, une forme d’insécurité, etc...

 

Certes, le groupe de travail numéro 2 du Grenelle intitulé « Préserver la biodiversité et les ressources naturelles » a finalement, dans sa synthèse, demandé que dans « les collectivités de l’outre-mer, l’activité minière [soit] rendue exemplaire en matière sociale et environnementale dans les 5 prochaines années » notamment « en éradiquant l’orpaillage illégal » et en abandonnant un important projet minier légal prévu sur la montagne de Kaw, connue pour sa richesse au niveau écologique. De même, l'une des tables rondes finales a demandé un « réexamen sur au plus 6 mois du projet de la montagne de Kaw » et le « développement d'une vision d'ensemble de l'avenir de la gestion » des activités extractives dans le département.
 

Certes aussi, l’Association des Régions de France a rappelé par la voix de Jean-Jack Queyranne, président de la Région Rhône-Alpes et coordonnateur des Régions au Grenelle de l’Environnement, « l’urgence de prendre rapidement des décisions prioritaires », dont « l’abandon des projets d’exploitation de l’or en Guyane. »

 

Quant à Christian Estrosi, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, il a présenté en clôture du Grenelle son plan d’actions pour ces morceaux de France hors des frontières hexagonales, sous le titre « Vers un outre-mer exemplaire ».

 

Certes encore, le Sénat a accueilli le 23 octobre une délégation guyanaise constituée de représentants d’Amérindiens et d’écologistes sur le thème « La Guyane, un territoire d’outre-mer oublié par la France. Quel avenir pour un trésor de biodiversité français ? »

 

Mais cela sera-t-il suffisant ? L’avenir nous le dira pour reprendre une tournure sans saveur. Et gardons à l’esprit que la ruée vers l’or clandestine et anarchique que connaît la Guyane dure depuis maintenant des années et des années, sans véritable évolution de la situation sur le terrain…

Note : voir aussi l'article "Iamgold : une multinationale à l'assaut de la Guyane"

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pouype 28/10/2007 10:55

Ah ben en tout cas, heureusement que tu en parles. Car les média traditionnels ne nous parle QUE des OGM...

Merci pour l'info. ensuite pour répondre au "Cela sera-t-il suffisant ?". Je crois qu'on peut répondre: "Non, mais c'est déjà ça..." Non ?