La jungle éventrée

Publié le par Axel M


« La Guyane pour moi, c’était la forêt. Pas l’activité aurifère », s’émeut Geneviève Gazel. Cette jeune scientifique toulousaine se souvient de cette fois où elle se promenait avec trois amis naturalistes du côté de Saint-Elie [bourgade isolée en pleine forêt au sud-ouest de la préfecture, Cayenne]. Le petit groupe profitait d’un week-end pour flâner dans ce coin d’Amazonie. Le soleil chauffait la peau. Les oiseaux chantaient. Tout autour, la végétation tropicale. Et puis soudain, alors qu’ils longeaient la piste menant vers le bourg, ce fut le choc paysager. « Ils étaient avec leurs lances à eau. On n’a pas osé nous approcher trop. L’ouverture était immense. »


A l’époque, c’était il y a quelques années, Geneviève Gazel n’était que de passage dans le département. Elle est finalement revenue s’installer dans cette France d’Amérique du Sud pour coordonner un temps la SEPANGUY, qui affiche localement avec fierté son statut de plus ancienne association de protection de la nature. Très remontée contre l’orpaillage, Geneviève Gazel y voit « le principal souci environnemental de Guyane ».


Le secrétaire adjoint de la SEPANGUY est encore plus mécontent. Sans doute parce que lui est né ici et qu’il ne supporte pas de voir sa terre natale ainsi souillée. Jean-Marie Prévoteau montre des photos aériennes de chantiers. La forêt est éventrée. Les arbres sont abattus. L’eau boueuse stagne dans les fosses. « Jamais on n’accepterait ça en métropole », accuse-t-il, en appuyant ses propos par une mine dégoûtée. « Tout ce qui intéresse la France, c’est 5-4-3-2-1. Quand Ariane décolle, la Guyane reste au sol ! »


L’exploitation de l’or dans ces conditions, il n’en veut pas. L’Etat ? « Il ne fait pas son travail ! » Les clandestins ? « Ils pillent la ressource ! » Jean-Marie Prévoteau prononce alors un mot qui a la force de frappe d’un slogan publicitaire : « Orpillage ! »


Ce mot, les écologistes l’emploient volontiers pour dénoncer les dégâts causés par l’extraction aurifère. Leurs critiques pleuvent, parfois excessives parce que enflammées. Et de citer les criques victimes d’une pollution inquiétante ; la forêt peu à peu transformée en gruyère ; les animaux qui la fuient ; les populations mourantes des fleuves. Mais qu’en est-il vraiment ? […] L’Amazonie française, ce poumon de l’Europe – juridique à défaut d’être géographique ! –, est-elle définitivement gagnée par le cancer aurifère ? Réponse dans « Guyane française, l’or de la honte », publié fin septembre 2007 chez Calmann-Lévy.

 

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Ludovic 16/12/2007 12:02

Bonjour,
Désolé de faire la promo de mon blog directement sur les commentaires, mais je n'ai pas trouver votre contact mail.

Nous avons des points en commun :

je vous convie donc à venir voir mon blog de photographe naturaliste.
Vous y trouverez de nombreuses photos en provenance de Guyane, (la faune et la flore et les paysage de là bas…) ainsi qu’une collection spéciale sur les orpailleurs guyanais.
Et pour ceux qui ne connaissent pas encore ma spécialité : venez découvrir mes macrophotographies et les textures fractales que nous offre notre environnement…
Merci de votre visite.


http://nateko.over-blog.com/

Sincèrement,
Ludovic Salomon

Axel M 18/12/2007 10:22

Bonjour, Si, si, vous avez pu me joindre. La preuve ! Et, oui, vous avez une "belle" collection de photos sur l'orpaillage. AM