L'Auteur

 

La petite trentaine, je suis journaliste. Né à Paris, je découvre la Guyane au début de la décennie 2000. Quel choc visuel ! La suite ? C’est sous la carte. 
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Oui, quel choc visuel lorsque vous vivez l'expérience intense qu'est un survol de la forêt, océan végétal aux multiples teintes de vert. Vous vous dites : « Comment la nature peut-elle créer de tels joyaux ? » 

Et puis, tout d’un coup, vous apercevez de l’hélicoptère une abominable tranchée dans la verdure équatoriale, une autoroute de gadoue, d’arbres abattus et de fosses remplies d’eau croupissante. Elle s’étend sur des centaines et des centaines de mètres. C’est le résultat du passage des chercheurs d’or. Nouveau choc visuel ! Mais cette fois, vous vous demandez : « Comment l’homme est-il assez fou pour détruire un tel trésor naturel ? »


J’espère que ce site Internet et que le livre Guyane française, l'or de la honte (qui est sorti fin septembre 2007 chez Calmann-Lévy) contribueront, à leur humble niveau, à déclencher une réelle prise de conscience sur ce que subit la Guyane, afin que le plus vaste des départements français, terre de tous les extrêmes dont on tombe si facilement amoureux, ne connaisse pas une funeste destinée.

 

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diversité biologique que renferme cette forêt [guyanaise] est tout simplement phénoménale et ne se limite évidemment pas aux grosses araignées velues, aux serpents fourbes et aux insectes voraces. « Le grand public pense à des espèces remarquables. La biodiversité, ce n’est pas que ça », souligne Jacques Weber, directeur de l’IFB, l’Institut français de la biodiversité.

 

Ce terme de biodiversité désigne en réalité les multiples formes de la vie sur Terre et leurs interactions, qui constituent une toile dont l’être humain fait intégralement partie. Et en Guyane cette toile est immense et très complexe.

 

« On peut comparer la biodiversité à un jeu de mikado et ses pertes aux tiges que l’on retire au fur et à mesure. Lorsqu’on en enlève une, rien ne se passe ; une deuxième et une troisième, rien ne se passe non plus. Puis, en enlevant une seule nouvelle tige, on voit s’effondrer le tas, dont l’une des tiges est l’espèce humaine », prévient Jacques Weber.

 

Le Comité français de l’Union mondiale pour la nature, l’UICN, relève pour sa part que la Guyane est l’un des quinze derniers grands massifs tropicaux peu fragmentés par les activités humaines. La forêt dense humide équatoriale recouvre l’essentiel du département, de la taille de l’Autriche. [...] En 2003, l’UICN a publié un important travail de synthèse sur la biodiversité dans la France d’outre-mer, sur les menaces pesant sur cette biodiversité et sur sa conservation. Les chiffres concernant la Guyane sont révélateurs : largement plus de 5 000 espèces de plantes à fleurs et fougères différentes répertoriées, près de 500 de poissons d’eau douce, plus de 700 d’oiseaux, quelque 160 de reptiles et plus de 180 de mammifères terrestres, etc.

 

[...]

 

De tels trésors ne peuvent être détruits ! Ce serait une hérésie ! Ils constituent un patrimoine pour la France, l’Europe et l’humanité. « C’est le seul bloc de forêt primaire présent sur le territoire de l’Union européenne. La France et l’Union ont une responsabilité énorme sur sa préservation », remarque Florian Kirchner, chargé de mission Outre-mer et Espèces au sein du Comité français de l’UICN. « Nous avons une obligation mondiale de protection », renchérit le directeur de l’IFB, Jacques Weber.

 

Oui, décidément, il serait inconcevable de vouloir détruire une telle richesse. Mais inconcevable n’est pas humain. Cette forêt inouïe est menacée. Bel et bien. Car elle abrite aussi un autre type de trésor, un métal qui rend fou : l’or. La suite, c’est dans « Guyane française, l’or de la honte », publié le 26 septembre 2007 chez Calmann-Lévy.

 

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