Et depuis la sortie du livre ?

Publié le par Axel M



Il est parfois réconfortant de se dire, en toute humilité, qu’une situation que l’on a décrite (celle de l’orpaillage en Guyane et de l’action insuffisante de l’Etat) et surtout que les prévisions faites sur l’avenir de ce département, sont vérifiées par les évènements une fois son livre paru [
http://www.editions-calmann-levy.com/livre/titre-249109-Guyane-francaise-l-or-de-la-honte.html]. Lassé, sans doute, de voir les précédentes missions de lutte contre l’activité aurifère clandestine conduites par la gendarmerie ne pas parvenir à menacer sérieusement la recherche anarchique du précieux métal, l’Etat a décidé de lancer une « opération exceptionnelle de sécurisation », selon les propos du président de la République. Nicolas Sarkozy s’est en effet rendu les 11 et 12 février (2008) dans ce département des extrêmes, attachant lorsqu’on le connaît et repoussant lorsqu’on le voit à travers ses a priori de métropolitain.

 

Il fut d’ailleurs symptomatique de constater à quel point la presse nationale se soucia davantage, lors de ce déplacement de Nicolas Sarkozy, des déboires de campagne municipale de son porte-parole de l’époque (David Martinon) dans son fief de Neuilly et des sondages, plutôt que de l’avenir de la Guyane.

 

Lors de son déplacement, Nicolas Sarkozy a donc annoncé le lancement d’une vaste opération pour lutter contre cette activité aurifère clandestine aux lourds impacts environnementaux, sociaux et sécuritaires. Non de code : « Harpie ». Au total : mille hommes mobilisés,  selon la préfecture. Avec un soutien affiché des forces armées de Guyane. Un détachement du GIGN, cette unité d’élite de la gendarmerie, ainsi qu’un membre de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique ont également et notamment été appelés en renfort. La gendarmerie peut aussi profiter de son nouvel hélicoptère, qu’elle attendait depuis bien longtemps. Le préfet a quant à lui signé des arrêtés « organisant la mise en place de points de contrôle fluviaux et réglementant la navigation sur certaines rivières. »

 

Au mois de mars, le parquet, à Cayenne, faisait le bilan d’une opération menée dans le cadre de la mission « Harpie » et aux résultats suffisamment rares pour être soulignés. Cette importante opération de police judiciaire s'est déroulée à Saint-Élie, commune de la République habitée majoritairement par des Brésiliens clandestins, isolée en pleine forêt amazonienne et où les esprits sont enfiévrés par la recherche aurifère. Lors de l'opération, les forces de l’ordre « ont pu mettre en évidence, selon le parquet, des filières organisées par des commerçants et alimentant l’orpaillage illégal », avec « 18 personnes [qui] ont été placées en garde-à-vue » et au final sept incarcérations. 

En juillet, en Conseil des ministres, le bilan de la mission « Harpie », entre mars et juin, fut fait. De nouvelles opérations seront effectuées, selon le gouvernement.
 

Bref, et c’est presque une lapalissade de l’écrire, la lutte menée par l’Etat s’annonce encore longue et difficile face à ces milliers et ces milliers de garimpeiros qui viennent chercher illégalement de l’or. Plus que jamais, au nom de la Guyane, la République doit prendre conscience que ce morceau de France situé en Amérique du Sud fait partie intégrante de son territoire. Renforcer la présence de l’Etat est un premier pas. D’autres sont à faire…

 

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