La petite trentaine, je suis journaliste. Né à Paris, je découvre la Guyane au début de la décennie 2000. Quel choc visuel ! La suite
? C’est sous la carte.
Oui, quel choc visuel lorsque vous vivez l'expérience intense qu'est un survol
de la forêt, océan végétal aux multiples teintes de vert. Vous vous dites : « Comment la nature peut-elle créer de tels joyaux ? »
Et puis, tout d’un coup, vous apercevez de l’hélicoptère une abominable tranchée dans la verdure équatoriale, une autoroute de gadoue, d’arbres abattus et de fosses remplies d’eau croupissante.
Elle s’étend sur des centaines et des centaines de mètres. C’est le résultat du passage des chercheurs d’or. Nouveau choc visuel ! Mais cette fois, vous vous demandez : « Comment
l’homme est-il assez fou pour détruire un tel trésor naturel ? »
J’espère que ce site Internet et que le livre Guyane française, l'or de la honte (qui est sorti fin septembre 2007 chez Calmann-Lévy) contribueront, à
leur humble niveau, à déclencher une réelle prise de conscience sur ce que subit la Guyane, afin que le plus vaste des départements français, terre de tous les extrêmes dont on tombe si
facilement amoureux, ne connaisse pas une funeste destinée.
Dans une lettre adressée en octobre 2005 aux préfets de Guadeloupe, de Mayotte et de Guyane, les trois terres d’outre-mer les plus concernées par les clandestins, le ministre de l’Intérieur leur a demandé d’améliorer les taux
de reconduites effectives. Pour la Guyane, avec sa
situation jugée « détestable » par la place Beauvau, Nicolas Sarkozy voulut pas moins de 7 500 éloignements pour 2006 – soit un bon millier de plus que l’année précédente –, l’accroissement de la capacité d’accueil pour la rétention administrative et le
développement des relations avec les forces armées. Le quota fixé sera atteint et même largement dépassé : 9 711 reconduites à la frontière seront effectuées.
Augmenter les éloignements ? Cela laisse de marbre l’unique sénateur de Guyane, Georges Othily : « Ils vont revenir. On peut très bien faire repartir 10 000 étrangers en situation irrégulière, il y en a 8 000 qui rentreront vingt-quatre heures après. »
[…]
[Concernant plus précisément le flux migratoire aurifère, il propose une solution pour le combattre :] « C’est une idée.
Elle vaut ce qu’elle vaut. On pourrait utiliser un satellite pour repérer dès le départ l’installation d’un village à tel ou tel endroit et faire intervenir l’armée rapidement. » [L’utilisation
des données satellites, le sénateur n’est pas le seul à avoir eu l’idée…] La suite, c’est dans « Guyane française, l’or de la
honte », publié le 26 septembre 2007 chez Calmann-Lévy.
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