La petite trentaine, je suis journaliste. Né à Paris, je découvre la Guyane au début de la décennie 2000. Quel choc visuel ! La suite
? C’est sous la carte.
Oui, quel choc visuel lorsque vous vivez l'expérience intense qu'est un survol
de la forêt, océan végétal aux multiples teintes de vert. Vous vous dites : « Comment la nature peut-elle créer de tels joyaux ? »
Et puis, tout d’un coup, vous apercevez de l’hélicoptère une abominable tranchée dans la verdure équatoriale, une autoroute de gadoue, d’arbres abattus et de fosses remplies d’eau croupissante.
Elle s’étend sur des centaines et des centaines de mètres. C’est le résultat du passage des chercheurs d’or. Nouveau choc visuel ! Mais cette fois, vous vous demandez : « Comment
l’homme est-il assez fou pour détruire un tel trésor naturel ? »
J’espère que ce site Internet et que le livre Guyane française, l'or de la honte (qui est sorti fin septembre 2007 chez Calmann-Lévy) contribueront, à
leur humble niveau, à déclencher une réelle prise de conscience sur ce que subit la Guyane, afin que le plus vaste des départements français, terre de tous les extrêmes dont on tombe si
facilement amoureux, ne connaisse pas une funeste destinée.
La forêt avant le passage des chercheurs d'or...

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...la forêt après !
Guyane française : sa forêt, ses clandos et son or
« Guyane française, l’or de la honte » d’Axel MAY, chez Calmann-Lévy (2007)
French Guyana killed by gold?
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Empoisonneurs d’Amérindiens, pilleurs de ressources, dévastateurs de la fabuleuse forêt guyanaise : les garimpeiros1 font l’objet des pires accusations. Ces milliers de chercheurs d’or, originaires de régions défavorisées du Brésil voisin, viennent défier l’Etat français, avec l’espoir de faire fortune dans la clandestinité.
En creusant des fosses béantes, ils libèrent le métal jaune qu’ils récupèrent par amalgamation avec du mercure. Tant pis pour la jungle éventrée ! Tant pis pour la santé des populations contaminées par le mercure ! Tant pis pour le climat d’insécurité qu’ils engendrent !
Les autorités sont dépassées par l’ampleur du phénomène. Les garimpeiros sont éparpillés sur une grande partie du territoire. Saint-Elie, la haute Mana, la Waki, Dorlin, Yaou, Ipoussing, Sikini… : du nord au sud, de l’est à l’ouest, ils s’implantent partout où il y a des ressources aurifères. Un comble, l’immense parc national dédié à la protection de la nature et au développement durable, qui a été créé début 2007, abrite lui aussi ses clandestins…
La Guyane, morceau d’Amérique du Sud, recouverte de sa majestueuse forêt tropicale recelant une biodiversité inouïe, est également le dernier département français producteur d’or légal. (Oui, oui, c’est bien un département. D’outre-mer, certes, mais un département tout de même, comme le sont la Creuse ou les Hauts-de-Seine. A une « minuscule » nuance près : ce qui se passe là-bas – certains qualifient la zone d’espace de non-droit – ne serait pas envisageable un instant en métropole !) Et à côté des clandestins, la minorité des opérateurs miniers déclarés, qui n’est pas sans reproche, essaye de s’organiser, de se démarquer de ces sans-papiers, de donner une meilleure image de la profession. Une multinationale s’était même installée dans le nord-est de la Guyane, avec un grand projet d’exploitation. Polémique, il a finalement été rejeté par la France début 2008.
Sur cet échiquier aurifère guyanais, les gendarmes tentent de rétablir l’ordre républicain. Mais leurs moyens sont insuffisants. L’Etat ne fait pas tout ce qui en son pouvoir pour sauver cette terre française. Il faut dire qu’elle est si loin de Paris et de ses ministères, séparée de la métropole par l’océan Atlantique. Dans ces conditions, que pèsent quelque 200 000 habitants dans la balance électorale ? Rien. Que risque le gouvernement si la situation continue de s’y dégrader ? Pas grand-chose. Les pouvoirs publics finiront-ils, malgré tout, par réagir comme il se doit, comme la Guyane le mérite et comme la solidarité républicaine l’impose ?
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Les mots en bleu ci-dessus renvoient à des articles complémentaires parus
Note :
vous pouvez lire pour approfondir ce constat :
« Guyane française, l’or de la honte »
d’Axel MAY, publié fin 2007 chez Calmann-Lévy
French Guyana in South America : its fabulous forest, its illegal immigrants and its gold
A book written by a French journalist
Poisoners of Amerindians, resource looters, devastators of the fabulous French Guyanese forest : the Garimpeiros are accused of the worst. Coming from disadvantaged regions of Brazil, these thousands of gold diggers challenge the French State with the hope of making their fortune underground.
Digging gaping pits, they release the yellow metal and recover it by fusion with mercury. Never mind the ripped open jungle! Never mind the health of populations contaminated by mercury! Never mind the climate of insecurity they create!
The extent of the phenomenon overwhelms the authorities. Garimpeiros (who are also poor human beings working in very hard conditions) are dispersed around a great part of the territory. From North to South, from East to West, they settle everywhere where there are gold-bearing resources. Even the huge national park, created in early 2007, dedicated to nature protection and lasting development, provides shelter for illegal immigrants…
French Guyana, a piece of South America covered with its majestic tropical forest that conceals an extraordinary biodiversity, is also the last French department where gold is legally produced. Yes, it's a French department! An overseas department, but still a department such as Alpes Maritimes, Calvados or Dordogne. There is a “little” difference : what happens there (some qualify this area as a lawless place) would not even be conceivable in the home country.
The declared mining operators (who are in the minority and not without their critics), try to organise, to differentiate themselves from the illegal immigrants and to give their occupation a better image. A multinational company has even settled in North-East Guyana in order to complete a major project of exploitation. No matter that part of the population doesn't want it. This project is accused of being a danger for nature and even for health : the mine will pollute and devastate part of the Amazonian jewel. And it will not benefit the local economy.
On this Guyanese gold-bearing chessboard, the police try to restore republican order. But they lack resources. The State does not use its power to save this French territory. Admittedly it is so far from Paris and its ministries, separated from the home country by the Atlantic. Under the circumstances, in the balance of power, what is 200.000 inhabitants' opinion worth? Nothing. What's the risk for the Government if the situation deteriorates? Not much. Will, at the end, the Public authorities react as they ought to, as French Guyana deserves and as republican solidarity compels?
This website is made by
a French freelance journalist. He wrote a book (published on September 26th, 2007) about the situation in French Guyana :
http://www.editions-calmann-levy.com/livre/titre-249109-Guyane-francaise-l-or-de-la-honte.html
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